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Déchets médicaux en Côte d’Ivoire : mieux mesurer la pollution pour mieux la combattre

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Atelier de formation sur la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques

Déchets médicaux en Côte d’Ivoire : mieux mesurer la pollution pour mieux la combattre

L’OMS souligne aussi que le brûlage à l’air libre et une incinération inadéquate peuvent libérer des polluants dangereux. La réduction des gaz à effet de serre doit donc s’accompagner d’une maîtrise des risques sanitaires et

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Atelier de formation sur la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques

Avec l’appui de la Banque africaine de développement, la Côte d’Ivoire prépare un dispositif pour mesurer et vérifier les émissions de gaz à effet de serre liées à la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques. Cet outil technique devrait permettre d’orienter les décisions vers des pratiques plus sûres pour les populations et moins dommageables pour l’environnement.

Que deviennent les seringues après une injection, les pansements souillés ou les médicaments périmés ? Leur prise en charge engage la sécurité des soignants, des agents de collecte et des populations. Elle pose aussi une question climatique qui est de savoir quelles émissions leur traitement et leur élimination produisent-ils, et comment les réduire ? C’est sur ce volet que la Côte d’Ivoire entend renforcer ses moyens de suivi, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD).

Un atelier consacré à la validation du document stratégique et de la feuille de route d’un système de Mesure, Rapportage et Vérification des déchets médicaux et pharmaceutiques, appelé MRV-DMP, s’est ouvert le mercredi 21 octobre 2026 à Angré, à Abidjan. Des représentants de structures publiques et privées y ont participé et reçu une formation à l’utilisation de la plateforme numérique associée au dispositif. Le projet est financé par la BAD, à travers le Fonds pour les changements climatiques en Afrique, et mis en œuvre par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, à travers le Programme national changements climatiques.

Pour le citoyen, le sigle MRV peut paraître éloigné des préoccupations quotidiennes. Son principe répond pourtant à une nécessité simple : disposer de chiffres fiables pour savoir si les actions engagées produisent réellement les résultats annoncés.

Mesurer, c’est recueillir les informations permettant de quantifier ou d’estimer les émissions. Rapporter, c’est organiser ces informations et les transmettre dans des bilans compréhensibles et comparables. Vérifier, c’est contrôler la cohérence des données et des méthodes employées. Un tel dispositif permet de suivre l’évolution des émissions et d’évaluer les efforts accomplis pour les réduire.

Appliqué aux déchets médicaux, ce travail peut notamment s’appuyer sur les quantités traitées, les procédés utilisés et leur consommation d’énergie. À titre d’illustration, un établissement qui change son mode de traitement doit pouvoir déterminer si cette évolution réduit effectivement ses émissions. La plateforme numérique constitue un support pour ce suivi.

Décarboniser la gestion des déchets médicaux

L’objectif annoncé est de préparer la « décarbonisation » de la gestion des déchets. Autrement dit, réduire les émissions de gaz à effet de serre associées à cette activité, surtout que ces gaz contribuent au réchauffement climatique. Le dispositif doit aider la Côte d’Ivoire à suivre ses engagements climatiques, inscrits dans ses Contributions déterminées au niveau national, les CDN, et à rendre compte des progrès réalisés.

Pour les pouvoirs publics, l’intérêt est de mieux savoir où agir. Des données suffisamment précises peuvent éclairer le choix des équipements, permettre de comparer les pratiques et orienter les investissements. Elles peuvent aussi aider à distinguer une amélioration démontrée d’une simple promesse de réduction des émissions.

Mais le bilan climatique ne résume pas tous les dangers des déchets de soins. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’à l’échelle mondiale, environ 15 % de ces déchets sont dangereux, tandis que les autres sont généralement comparables aux déchets ménagers. Cette proportion mondiale ne constitue pas une mesure de la situation ivoirienne. Les déchets dangereux comprennent notamment les aiguilles, les matières infectieuses et certains produits pharmaceutiques. Mal gérés, ils peuvent provoquer des blessures, transmettre des infections ou exposer les personnes à des substances toxiques. Leur élimination dans des décharges inadaptées peut également contaminer les eaux.

L’OMS souligne aussi que le brûlage à l’air libre et une incinération inadéquate peuvent libérer des polluants dangereux. La réduction des gaz à effet de serre doit donc s’accompagner d’une maîtrise des risques sanitaires et des autres formes de pollution. Une méthode de traitement doit rester adaptée à la nature des déchets et garantir leur prise en charge sûre.

Les bénéfices pour les populations dépendront ainsi des décisions prises à partir des informations recueillies. Si le suivi conduit à améliorer les pratiques et les équipements, il pourra contribuer à mieux protéger les agents qui manipulent les déchets et les riverains des sites de traitement. Pour un centre de santé rural comme pour un hôpital urbain, l’enjeu demeure de disposer d’une filière capable de prendre en charge ses déchets dans des conditions sûres.

À ce stade, l’annonce porte sur la préparation du dispositif, sa stratégie et la formation de ses utilisateurs. Elle ne démontre pas encore une réduction des émissions ou une amélioration de la collecte sur le terrain. Le ministère de l’Environnement ne précise ni le calendrier de généralisation du système, ni le nombre d’établissements concernés, ni les modalités d’accès du public aux résultats.

Ces précisions permettront de juger la portée de l’initiative. Il faudra également connaître les responsabilités de chaque acteur dans la transmission et le contrôle des données. Pour les populations, le résultat attendu se vérifiera au-delà de la plateforme, dans la manière dont les déchets seront effectivement triés, collectés, transportés et traités.

Emmanuella F. Moro

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