Davantage de brigades sur le terrain, une surveillance permanente des fleuves, une pause dans la délivrance de certaines autorisations minières et des sanctions plus sévères en préparation : le Conseil national de sécurité (CNS) a précisé, le 17 septembre 2026, comment il entend renforcer la lutte contre l’orpaillage illégal. Ces mesures complètent celles annoncées le 23 juillet.
En juillet, le CNS avait dressé un constat préoccupant : malgré les opérations de démantèlement, l’orpaillage illégal persistait et s’étendait sur le territoire. Il avait demandé une plus forte implication des préfets, des autorités locales et des forces de sécurité, ainsi que l’application stricte des lois existantes. Il prévoyait également de renforcer les moyens du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI).
En septembre, ces orientations deviennent plus précises. En effet, le Conseil national de sécurité décide d’augmenter le nombre de brigades opérationnelles du GS-LOI et de renforcer les capacités des forces de sécurité locales. Il annonce surtout la création de 21 pelotons de sécurité fluviale, chargés de surveiller en permanence les quatre grands fleuves du pays et leurs affluents. Pour les populations riveraines, l’objectif affiché est de mieux contrôler des cours d’eau menacés par les activités minières clandestines.
Des autorisations suspendues pendant six mois
Autre nouveauté : un moratoire de six mois sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière artisanale et semi-industrielle. Concrètement, l’État prévoit de suspendre temporairement l’attribution de nouvelles autorisations dans ces deux catégories. Le communiqué n’annonce pas l’arrêt de toutes les exploitations déjà autorisées : il faut distinguer cette mesure de la lutte contre les sites qui fonctionnent sans autorisation.
Sur le plan judiciaire, le conseil de juillet mettait l’accent sur l’application des textes en vigueur. En septembre on ajoute la volonté d’aggraver les peines et de viser aussi ceux qui rendent l’orpaillage illégal possible par un soutien financier ou logistique. Depuis la réunion du CNS, le gouvernement a adopté, le 23 septembre, un projet de loi concernant entre autres les commanditaires, financiers, receleurs et propriétaires de sites complices.
Que deviennent les sites détruits et les personnes qui y travaillent ?
Le Conseil national de sécurité ajoute par ailleurs un volet environnemental et social à sa réponse. Il prévoit la restauration de sites dégradés, au moyen de travaux mobilisant de la main-d’œuvre, ainsi que des activités génératrices de revenus pour favoriser la réinsertion d’orpailleurs illégaux ivoiriens. Le Premier ministre doit aussi proposer des mesures pour mieux organiser la filière aurifère, de la formation des jeunes aux comptoirs d’achat de l’or. À ce stade, le communiqué ne précise ni le nombre de sites à restaurer, ni le budget, ni le calendrier détaillé de ces actions. Société
Les préfets de région se sont engagés à agir contre l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions dans un délai de six mois et le conseil annonce un dispositif de suivi pour rendre compte de l’évolution du phénomène. C’est sur ces résultats que les décisions pourront être jugées : présence effective des brigades et des pelotons, recul des sites clandestins, état des cours d’eau et restauration des terres dégradées.
GreenAfrica.net


