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Côte d’Ivoire : 62,8 millions de FCFA versés à trois villages pour avoir protégé plus de 1 000 hectares de forêt

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Côte d’Ivoire : 62,8 millions de FCFA versés à trois villages pour avoir protégé plus de 1 000 hectares de forêt

Les communautés de Gnato, Bliéron et Pimé, dans le département de Tabou, ont reçu un premier paiement de 62,8 millions de FCFA en contrepartie de leurs résultats dans la conservation […]

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Les communautés de Gnato, Bliéron et Pimé, dans le département de Tabou, ont reçu un premier paiement de 62,8 millions de FCFA en contrepartie de leurs résultats dans la conservation forestière. Leur engagement a permis de préserver 1 059,10 hectares de forêt, désormais constitués en Réserve naturelle volontaire.

La protection des forêts peut-elle devenir une source durable de revenus pour les communautés rurales ? L’expérience menée autour du Parc national de Taï apporte un début de réponse.

Le mercredi 12 août 2026, à l’Auditorium de la Primature à Abidjan, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a remis des chèques d’un montant total de 62 816 260 FCFA aux communautés villageoises de Gnato, Bliéron et Pimé.

Ce financement intervient dans le cadre du Projet de réduction des émissions autour du Parc national de Taï (PRE). Il ne s’agit pas d’une aide classique, mais d’un paiement conditionné par les résultats environnementaux effectivement obtenus sur le terrain.

Plus de 1 000 hectares de forêt préservés

Situés dans le département de Tabou, les trois villages se sont volontairement engagés dans la conservation de leur patrimoine forestier. À travers l’Association des villages de Gnato, Bliéron et Pimé (AVGBP), ils ont permis de protéger 1 059,10 hectares de forêt.

Ce massif a été constitué en Réserve naturelle volontaire, un statut qui permet à des propriétaires ou à des communautés de consacrer volontairement un espace à la conservation de la biodiversité et des ressources naturelles.

Le processus, entamé en 2021, repose notamment sur la mobilisation des populations, la surveillance du massif forestier et le respect d’engagements environnementaux préalablement définis.

Le paiement reçu récompense donc des résultats mesurés et vérifiés. Il traduit surtout une approche encore peu répandue : faire des populations riveraines non plus de simples bénéficiaires de projets environnementaux, mais des actrices directement rémunérées pour les services écologiques qu’elles rendent.

Un premier versement sur près de 89 millions de FCFA

Les 62,8 millions de FCFA remis aux communautés constituent un premier versement. Sur toute la durée du contrat, les paiements pourraient atteindre 88 850 285 FCFA, à condition que les objectifs environnementaux convenus continuent d’être respectés.

Une partie des ressources sera investie dans des activités collectives génératrices de revenus, notamment l’aviculture, la porciculture et la pisciculture. Ces projets doivent bénéficier aux populations des trois villages, avec l’accompagnement technique du ministère des Ressources animales et halieutiques.

L’enjeu est double : préserver la forêt tout en proposant des activités économiques susceptibles de réduire la pression exercée sur les ressources naturelles.

Cette articulation reste essentielle dans les zones rurales où les populations dépendent fortement des terres, de l’agriculture et des produits forestiers pour assurer leur subsistance.

La transparence, condition de la réussite

La mobilisation de ces fonds place également les communautés face à un défi majeur : garantir une gestion transparente et équitable des ressources.

Le ministre Abou Bamba a ainsi invité les bénéficiaires à administrer les paiements avec rigueur. Il a également annoncé son accompagnement dans le processus de reconnaissance officielle du massif forestier.

Au nom des trois villages, le chef de Gnato, Tahé Bernard Djoui, a exprimé sa reconnaissance au gouvernement, aux responsables du PRE et aux autorités locales pour leur accompagnement depuis le lancement du processus en 2021.

Au-delà de la remise des chèques, la réussite de cette initiative dépendra de la capacité des communautés à faire bénéficier l’ensemble des populations des revenus obtenus, mais aussi à maintenir leurs efforts de conservation sur la durée.

Un mécanisme fondé sur les résultats

Mis en œuvre par le gouvernement ivoirien avec l’appui de la Banque mondiale, le PRE découle de la Stratégie nationale REDD+ de la Côte d’Ivoire.

Le mécanisme REDD+ vise notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre provoquées par la déforestation et la dégradation des forêts. Dans ce système, les réductions d’émissions attribuées aux actions de conservation doivent être mesurées, vérifiées et certifiées avant tout paiement.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Environnement, près de 20 millions de tonnes équivalent CO₂ ont été vérifiées depuis 2020. Plus de 22 000 bénéficiaires auraient déjà reçu des paiements directs par mobile money, pour un montant cumulé de 2,8 milliards de FCFA.

Un modèle à consolider

La Côte d’Ivoire ambitionne de restaurer et de préserver un couvert forestier représentant 20 % de son territoire d’ici à 2030, soit environ 6,5 millions d’hectares.

Dans un pays qui a perdu une grande partie de ses forêts sous l’effet de l’expansion agricole, de l’exploitation du bois, de l’orpaillage et de l’urbanisation, l’objectif reste considérable.

L’expérience de Gnato, Bliéron et Pimé montre néanmoins qu’une autre approche est possible : reconnaître financièrement les efforts des populations qui acceptent de protéger les forêts situées sur leurs territoires.

Pour être reproduit à plus grande échelle, ce modèle devra toutefois garantir la continuité des financements, la fiabilité du suivi environnemental, la transparence dans la répartition des paiements et la participation effective des femmes et des jeunes.

La conservation ne peut être durable que si les communautés y trouvent aussi des bénéfices économiques et sociaux concrets.

GreenAfrica.net

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